Questions fréquentes sur le suicide

Il y encore beaucoup trop de tabous qui entourent le suicide. C’est en parlant ouvertement de la problématique que nous arriverons à ce que plus de gens osent parler de leurs difficultés.

Christina, intervenante

Parlons suicide...

Le suicide est un sujet parfois difficile à aborder puisqu’il amène son lot de questionnements et d’incompréhensions. 

Il faut oser en parler et aborder le sujet. Voici donc quelques questions souvent entendues par rapport au suicide, accompagnées de leur réponse.

La personne suicidaire veut cesser de souffrir et non mourir. En fait, la personne suicidaire est ambivalente quant à son désir de vivre et son impossibilité à continuer de souffrir.

La plupart des personnes donnent des signes de leur intention suicidaire. Ces signes peuvent être verbaux ou non verbaux. Malheureusement, ils ne sont pas toujours évidents à détecter même s’ils constituent souvent l’indice d’un état de crise et une façon de demander de l’aide.

Quand on pense au courage et à la lâcheté, on pense en termes de choix et l’on projette notre propre conception du suicide sur l’autre. Or, une personne ne se suicide pas par choix, mais par manque de choix. La personne suicidaire n’y voit là ni courage, ni lâcheté : sa vie lui est insupportable, elle a atteint sa limite de tolérance face à sa souffrance et elle ne voit plus d’autres façons d’arrêter de souffrir.

Sans entrer dans le débat des causes biopsychosociales du suicide, il est important de souligner que la crédibilité octroyée aux comportements des proches peut induire l’imitation du geste. Ainsi, un suicide ou une tentative de suicide au sein d’une famille peut être perçu par les autres membres comme une façon possible de résoudre leurs problèmes.

Le suicide est un sujet dérangeant dont on parle difficilement. Pourtant, c’est en parlant du suicide que l’on peut démystifier ce sujet et parvenir à aider une personne suicidaire. Demander directement si une personne songe au suicide, ce n’est pas lui suggérer l’idée, mais lui ouvrir la porte à l’expression de sa souffrance. Parler du suicide, oui, mais pas n’importe comment ! On doit éviter de banaliser le sujet, de mettre au défi une personne de se suicider ou de louanger quelqu’un qui s’est suicidé en qualifiant son geste d’héroïque.

Le geste suicidaire n’est pas spontané. Il est l’aboutissement d’un processus qui comprend le développement des idées suicidaires ainsi que la fixation sur ces idées jusqu’à l’élaboration d’un plan précis. Durant ce processus, la personne suicidaire émet différents messages et signaux. En fait, la majorité des personnes manifeste leur désespoir avant de passer à l’acte. On doit noter cependant que chez les adolescents et les personnes de nature impulsive, ce processus peut parfois se dérouler dans un laps de temps plus court.

Il se peut qu’une personne en crise suicidaire semble momentanément soulagée et paraisse de bonne humeur, mais cela ne signifie pas que le danger est écarté. Au contraire, une amélioration soudaine dans un processus suicidaire peut indiquer une urgence élevée. Soit la personne a décidé de montrer des signes de mieux-être pour rassurer son entourage ou encore, sentant sa souffrance tirer à sa fin, elle ressent un réel soulagement. Il faut être très vigilant et tenter de vérifier quels sont les dénouements favorables à l’origine de ce changement de comportement.

Bien que la personne suicidaire soit la plupart du temps en période dépressive, toutes ne présentent pas nécessairement des signes de dépression. Au contraire, certaines personnes paraissent dures et insensibles alors que d’autres sont de bonne humeur et très actives. Il faut faire attention car ces comportements peuvent servir à cacher une grande tristesse et des pensées suicidaires.

Au quotidien, dans ses relations avec son entourage, chaque personne peut aider un proche confronté à la souffrance, avec les moyens dont elle dispose et en respectant ses limites. Savoir reconnaître les signes avant-coureurs, ouvrir le dialogue et trouver des solutions satisfaisantes pour la personne sont autant de façons de soutenir un proche. Avec de l’ouverture, de la compréhension et de l’entraide, il est possible d’éviter que soit posé un geste irréparable. Cependant, qu’on soit un professionnel ou un proche, la même règle s’applique : on ne doit jamais rester seul avec les confidences. Il faut absolument se faire aider.

La ligne d’intervention de JEVI (819 564-1354) offre du soutien aux proches et aux personnes inquiètes pour leur entourage.

Il faut toujours prendre les menaces de suicide au sérieux. Elles sont toujours des appels à l’aide. On doit aussi faire attention aux menaces à répétition et à celles qui s’étendent sur une longue période de temps. La répétition du message peut avoir l’effet de l’homme qui criait au loup, c’est-à-dire de désensibiliser l’entourage face à l’importance de la situation.